Pologne
Posté le 20.03.2006 par rosedesvents
Après avoir été refoulés à la frontière lituanienne, nous avons voulu voir de près la frontière biélorusse (comme nous étions joueurs !). Notre bus s’est arrêté à 1 kilomètre de la frontière, au milieu d’une forêt dense et nous avons poursuivi notre chemin à pied. Nous n’avions pas marché 5 minutes que nous avons vu surgir des deux côtés de la route des hommes armés avec d’impressionnantes mitraillettes. Ils ont cru que nous voulions pénétrer en Biélorussie de manière illégale ! C’était une scène assez surréaliste : nous, jeunes innocents, qui gambadions paisiblement dans la forêt face à ces militaires lourdement armés !
Nous avons alors vu la frontière composée d’une simple cahute et d’une barrière, puis une voiture s’y arrêtant. On nous a expliqué qu’il s’agissait d’un responsable polonais venu rencontrer son homologue biélorusse. La négociation devait permettre aux Polonais habitant en Biélorussie de venir se recueillir sur les tombes de leur famille situées en Pologne pour la Toussaint!
C’est dans ces moments-là qu’on apprécie pleinenment le Traité de Schengen, qui permet la libre circulation des personnes. D’ailleurs Schengen est une charmante petite bourgade luxembourgeoise sur les bords de la Moselle (n’hésitez pas à la visiter).
Posté le 20.03.2006 par rosedesvents
Au nord-est de la Pologne se trouve la forêt de Bialowezia, qui se veut entièrement " naturelle ". Ca veut dire que cette forêt se développe sans la moindre intervention humaine. Si un arbre a la négligence de laisser tomber une de ces branches, personne n’aura l’idée d’évacuer le débris de bois mort. Bien au contraire, il le laissera là où il est.
Dans le concept, ça me fait un peu penser à ces artistes contemporains puristes, qui décident de laisser leur œuvre d’art vivre librement. Quand j’avais visité le musée " la Piscine " à Roubaix, il y avait une exposition temporaire. L’artiste avait eu l’idée géniale (?) d’installer des supports (un peu comme des cordes à linge) et de mettre à la disposition du public des objets en polystyrène (qui ressemblaient vaguement à des petits cintres). Le but était de choisir un objet (j’ai oublié de préciser qu’il y avait plusieurs couleurs et c’est important) et de la placer à sa guise. L’ensemble ressemblait à un chapelet de plastique, qui menaçait dangereusement de rompre sous son propre poids. J’ai quand même tenu à participer à l’œuvre (pour ressentir cette émotion intense de l’artiste), mais ça ne m’a pas fait grand chose.
Mais à Bialowezia , on n’avait pas le droit de participer, bien au contraire. C’est la nature seule qui décidait de l’endroit où elle déposait ses bouts de bois mort et ce que l’on peut dire, c’est que la nature se soucie assez peu de l’ordre. Ca donne à cette forêt une atmosphère particulière. On a l’impression qu’elle est laissée à l’abandon, car il y a un nombre incalculable de troncs d’arbres morts qui jonchent le sol et la progression de la forêt est plutôt chaotique ! Je dois avoir vu trop de jardins à la française pour goûter pleinement aux charmes de cette nature folle et désordonnée.
Posté le 19.03.2006 par rosedesvents
J’ai découvert la Pologne en octobre 1992 au cours d’un voyage scolaire en bus. Nos accompagnateurs voulaient également faire une incursion en Lituanie, mais ils étaient naïfs : ils pensaient que les frontières étaient ouvertes depuis la chute du rideau de fer (quelle erreur !). Plusieurs kilomètres avant la frontière, nous avons vu apparaître une file interminable de véhicules, que nous avons remontée pour atteindre le poste de contrôle. Tous ces gens avaient la même idée que nous et attendaient le bon vouloir des autorités. Ca s’annonçait mal ! On nous a alors annoncé qu’il fallait attendre 10 heures pour franchir la frontière et que la même opération prendrait 20 heures dans l’autre sens (ça semblait pourtant si facile à première vue de traverser les quelques mètres qui nous séparaient encore de la Lituanie). Nous avons donc rebroussé chemin. Nous avons alors revu la queue dans l’autre sens. Elle était toujours aussi impressionnante et semblait sans fin. Le plus troublant était l’absence totale de mouvement. Aucun véhicule ne se déplaçait, comme si les gens dans la queue avaient toujours été là et étaient voués à y rester.