Chaque pays possède un site - " supermarché " du tourisme. En Egypte, c’est Louxor et en Jordanie, c’est Petra ! En atteignant cette ville, nous avons donc trouvé une quantité importante de structures touristiques comme des hôtels, restaurants, bureaux de change et magasins de souvenirs. Nous avons surtout retrouvé une espèce que nous avions peu fréquentée jusqu’à présent (avec grand plaisir), le touriste et en particulier sa sous-espèce la plus terrible, le touriste en groupe.
Le touriste en groupe (et je parlerai surtout de la variété que je connais le plus, le touriste en groupe français) est un animal qui ne se déplace qu’en troupeau (un peu comme les moutons) et dont l’ouverture d’esprit est à peu près égale à celle des moutons (quoique, le mouton est peut-être plus ouvert). Le touriste en groupe a pris l’avion de son plein gré et on pourrait penser que c’était dans un esprit de dépaysement, mais il ne veut surtout pas changer ses habitudes. Il préfère les grands hôtels, qui sont de véritables ghettos pour touristes, plutôt que de séjourner dans des logements typiques par peur de rentrer en contact avec des locaux (ces gens sont-ils civilisés ?). Pour l’alimentation, c’est pareil. J’ai toujours été sidérée par les gens qui préfèrent passer une semaine à manger des spaghetti et du bœuf bourguignon à l’étranger, plutôt que de découvrir de nouvelles saveurs. J’ai assisté à un repas intéressant au Mexique, quand on nous a servi des sauterelles aux épices. C’étaient de toutes petites sauterelles et elles étaient servies dans des ramequins au milieu de la table en guise d’apéritif. Les réactions des participants à cette expérience étaient fabuleuses. Il y a en quand même quelques-uns qui ont testé le mets sans broncher (pas nombreux), mais la plupart était dégouttée et n’osait même pas regarder le plat en question. En fait, c’est plutôt bon. Les sauterelles n’ont pas vraiment de goût. On sent surtout celui des épices, mais elles donnent au plat un croquant agréable. Je recommande cette spécialité locale !
Autre phénomène intéressant : la frustation du touriste en groupe qu’on empêche de manger ses plats habituels. Il proteste alors vigoureusement. Par exemple, il regrette son camembert au bout de 2 jours de voyage (vu de mes propres yeux au Maroc). De toute façon, la cuisine locale est forcément moins bonne que la gastronomie française à laquelle il est habitué.
Mais le plus insupportable chez le touriste en groupe à l’étranger, c’est son manque d’intérêt pour l’étranger justement. Chaque fois que nous avons visité un pays étranger avec un groupe, j’ai trouvé un nombre important de personnes regrettant la France. Lorsque nous étions à Cuba, il y a eu un ouragan assez important et certaines personnes du groupe ont été contraintes de rester 24 heures de plus sur place. Les conditions étaient pourtant optimales. Elles étaient dans une station balnéaire en pension complète dans un hôtel de grand standing. Eh bien, nous avons entendu les récriminations d’une famille française, car ce contretemps les empêchait d’assister à une brocante comme ils avaient l’habitude de le faire tous les ans. J’avais envie de leur dire que cette brocante serait encore là l’année prochaine, alors qu’ils n’auraient surement pas l’occasion de retourner à Cuba, mais ça ne les aurait pas consolés. J’étais vraiment affligée par cette réaction et c’est un exemple parmi tant d’autres qui m’ont donné honte d’être française.
Bref, tout ça pour dire que nous nous serions bien passés de retrouver les hordes de touristes à Petra, mais nous pouvions difficilement y échapper. Heureusement pour nous, nous voyagions seuls en toute liberté ! ! !