Nous avons bien pris notre temps à la Grande Mosquée de Mascate pour profiter pleinement de l'endroit, mais nous devions déjà reprendre la route pour atteindre notre prochaine escale, à la pointe orientale du pays. Quand nous sommes partis, il était 10h40 et nous avons vu des groupes de touristes entrer, alors que le lieu fermait 20 minutes plus tard (ah, les voyages en groupe au pas de course!). Mon premier geste en sortant de la Grande Mosquée a été de retirer mon foulard avec un immense soulagement (j'ai été imitée par d'autres femmes) et je me suis changée pour avoir une tenue plus adaptée au climat.
Le but de la journée était d'atteindre Sur, puis de poursuivre jusqu'à Ras al Hadd. La distance à parcourir n'était pas impressionnante (240 km entre Mascate et Sur), mais le guide indiquait qu'il fallait compter 3h30-4h pour la parcourir ! En fait, à Oman, il y a des endroits où subitement il n'y a plus de route (elle se transforme en piste). Du coup, en parcourant la route côtière entre Mascate et Sur, on comprend très vite l'intérêt d'avoir un 4x4 ! mais j'anticipe un peu. En repartant de la Grande Mosquée, nous avons retraversé toute la ville de Mascate en direction de Sur. Ce fut assez facile, car il n'y avait pas beaucoup de panneaux, mais la direction de Sur était régulièrement indiquée. Il y a tout de même un endroit où nous avons douté de la route à suivre. Nous nous sommes donc arrêtés pour interroger un groupe d'hommes assis en cercle sur des chaises. Ils ont très bien compris notre demande et l'un d'eux s'est essayé à une explication. Il ne parlait pas anglais (et comment lui en vouloir?notre arabe est rudimentaire). Comme il n'y arrivait pas, il a décidé de nous escorter en voiture. Il nous a guidés pendant plusieurs kilomètres et j'ai été très touchée par son altruisme. On sentait qu'il faisait ce geste uniquement pour nous aider et sans rien attendre en échange (c'est là qu'on sent que le pays n'a pas encore été perverti par le tourisme et que les autochtones ne considèrent pas les étrangers comme des porte-monnaie ambulants; ça fait du bien !).
Le début du parcours fut assez paisible, car la route était généralement bien goudronnée (avec quelques passages de piste) et la conduite omanaise est extrêmement mesurée. Comme prévu, nous nous sommes légèrement éloignés de la côté pour ensuite la retrouver, mais nous avons alors été victimes du manque de panneaux. En fait, le nom des villes n'était absolument pas indiqué. J'aurais pu éventuellement me débrouiller, car j'avais dans mon guide les transcriptions des villages en arabes, mais nous n'avons jamais pu en voir. J'imagine que les autochtones savent très bien où ils sont et qu'ils n'ont pas besoin qu'on leur dise. C'est un peu par hasard que nous nous sommes retrouvés à l'entrée du magnifique gorge, que j'ai prise par erreur pour le "Sinkhole" (et qui a eu des conséquences par la suite). Mais nous ne pouvions par l'explorer dans l'immédiat, car il était temps de manger. Nous avons d'ailleurs vu des groupes mieux organisés et qui partaient chargés de victuailles. Dommage pour nous! Nous nous sommes donc mis en quête d'un endroit pour se restaurer et nous n'avons pas eu beaucoup à attendre, car au village voisin, nous sommes tombés sur un magasin de "food stuff" (mais je ne vois pas bien ce qu'on aurait pu faire avec des boites de conserves), puis sur un "restaurant", ce terme étant tout de même un peu usurpé et je parlerais plutôt d'un fastfood miniature et artisanal. Nous avons été très bien accueillis par le commerçant et nous nous sommes installés à l'une des 3-4 tables. Il nous a demandé si du boeuf nous convenait et pendant qu'il préparait notre repas, nous avons pu regarder la télévision, qui trônait au milieu de la pièce à côté d'un immense réfrigérateur rempli de boissons et de fruits. La télévision retransmettait Asianet News, une chaîne d'info en continu dont l'image sautait à peu près toutes les 10 secondes et dont le son était à peine audible, ce qui n'était pas très préjudiciable, car nous avons très vite compris de quoi il s'agissait. En fait, nous assistions en direct au départ de la flamme d'Olympie pour les jeux de Pékin! Comme dirait mon père, nous sommes désormais dans un "monde mondial" et même en parcourant des milliers de kilomètres, on se trouve ramené à l'Europe!!! Question dépaysement, j'étais un peu déçue, mais le meilleur était à venir. Un homme est arrivé dans le "restaurant" et s'est assis à une table. Il a commencé à nous demander d'où nous venions (de France) et de quelle ville exactement (de Lyon). Je ne m'attendais pas à ce qu'il connaisse (c'est tout de même à 5300 km!!!), mais la ville lui était tout à fait connue et il nous a même indiqué que l'OL avait battu le PSG lors du précédent week-end (?!). Tous ces kilomètres avalés pour entendre parler du football français ! J'aurais juste aimé avoir droit à une petite pause en étant à l'Etranger!!! J'étais quand même impressionnée par la connaissance de cet homme et j'ai pu constater une fois de plus qu'un club de foot était un fantastique vecteur pour faire connaître une ville.
Le repas est arrivé : une sorte de hamburger (très bon d'ailleurs) avec des accompagnements. En guide de dessert, nous avons pris des bananes. Nous n'avons payé que 1,2 Rials (soit 1,7 € !!!!) et nous avons repris la route vers l'est et c'est là que les difficultés ont commencé...
Je découvre ton blog et j'aime beaucoup. Amitiés