Avant de quitter Madaba, nous avons fait le plein d’essence, car après toutes ces routes empruntées, le carburant commençait à manquer. Nous sommes donc allés dans une station service, où on nous a indiqué quelle pompe utiliser (la voiture a même accepté de redémarrer après, donc ça devait être le bon choix). Le prix était très abordable : à peu près 0,50 €/litre. Pourtant, il n’y a pas de puits de pétrole en Jordanie. Vous pensez bien qu’ils ont essayé de creuser dans la région, mais ça n’a rien donné.
Nous avons ensuite pris la route de Kerak. Cette étape s’annonçait facile, car il n’y avait qu’une route (la route des rois) et Kerak était la première ville sur cette route. Le guide indiquait même un joli point de vue à ne pas manquer : le Wadi Mujib. Ce que nous savions pas, c’est que Wadi, ça veut dire " gorge " et la plonge littéralement dans la gorge pour passer par son point bas. Autant dire que la route était assez sinueuse. En plus, le ciel était assez brumeux, ce qui donnait une ambiance assez mystérieuse. Heureusement, la route était en très bon état (par comparaison, je me souviens de la route reliant Marrakech à Ouarzazate et traversant le Haut Atlas, à laquelle il manquait des bouts, de préférence dans les virages). Nous avons finalement atteint le fond de la gorge (la moitié des difficultés était derrière nous !). Ce qui était étonnant, c’est qu’il y avait un barrage et en regardant au loin, on avait l’impression d’avoir échoué sur une île déserte. Il ne faisait pas très chaud et la lumière commençait à décliner, donc nous ne nous sommes pas trop attardés.
Nous avons finalement atteint Kerak de nuit. Nous savions que l’hôtel se trouvait au sommet d’une colline, mais nous n’arrivions pas à situer cette colline. Nous avons fini par demander notre chemin à 2 Jordaniens. Ils ne nous ont pas proposé de parler en allemand, mais ont demandé un crayon et du papier, que nous leur avons fournis. L’un deux a commencé à dessiner la route, puis a hésité. Il a alors montré avec sa main 3 ronds l’un en dessous de l’autre et il a refait ce geste plusieurs fois. J’ai fini par comprendre et j’ai crié toute fière : un feu rouge ! Il a vu que j’avais compris et il a alors dessiné le feu rouge sur le papier, puis le reste de la route. Nous l’avons remercié et nous avons suivi ses précieux conseils, qui nous ont effectivement menés à un feu rouge, puis à l’hôtel. Nous étions soulagés d’avoir atteint notre destination, mais le lieu ne s’est pas montré franchement hospitalier. Il faisait froid et il y avait beaucoup de vent. L’hôtel était situé à flanc de colline et la chambre donnait sur la falaise. Le vent claquait contre la façade et sifflait bruyamment. Je n’aurais pas été contre un peu de chauffage, car j’avais de plus en plus froid, mais il était coupé. De toute façon, nous avions faim et il fallait à nouveau s’aventurer à l’extérieur, car le restaurant de l’hôtel était fermé. Nous avons finalement trouvé notre bonheur à quelques centaines de mètres. Nous nous sommes empressés de commander une soupe de lentilles (un délice!) et le restaurateur était adorable, car quand il a vu que j’avais froid, il a amené un petit radiateur. Quel réconfort !