Nous avons quitté Pétra ravis et nous avons repris la route vers le sud pour atteindre notre étape suivante, le Wadi Rum. Ca ne vous dit rien comme nom ? Mais si, pensez à Lawrence d’Arabie et au film de David Lean qui lui a été consacré. Eh bien, il a été tourné là-bas ! Bon, maintenant que vous situez mieux la chose, je suis sûre que vous avez en tête des images fabuleuses de désert à perte de vue. Ca fait rêver ? En fait, pour nous, ça n’a pas vraiment été le cas au début.
Après Pétra, l’endroit apparaît au premier abord comme particulièrement hostile. Le climat est chaud et lourd. Il y a bien un village, mais il est tout petit et on peut parfois se demander s’il y a des habitants à l’intérieur des maisons. En face du village, il y a…rien. Ah si, il y a une voie de chemin de fer, qui transporte uniquement des marchandises et en particulier de la potasse (ça refroidit, n’est-ce pas ?). Et puis, il y a ce silence imposant. Moi qui suis une citadine dans l’âme et qui ai toujours mal supporté mes séjours prolongés à la campagne (je m’y ennuie assez rapidement), je me suis sentie perdue tout d’abord dans le Wadi Rum. Aucune activité ! On sent que la vie passe à un autre rythme et nous avons pu le vérifier assez rapidement, car il était l’heure de manger. Nous nous sommes donc dirigés vers LE restaurant du lieu et encore c’est un grand mot, car il s’agissait plutôt d’une maison avec 3 tables (pas 4) sur une terrasse, heureusement à l’ombre ! Pour le menu, le choix était vite fait puisqu’on nous proposait du poulet ou du poulet épicé. Nous avons choisi le poulet simple et l’attente a commencé. Nous avons pu nous distraire un peu, car nous étions bien entourés. D’un côté, nous avions un groupe anglophone avec quelques membres russes. Ils étaient plongés dans leur guide et repéraient les endroits à visiter. De l’autre côté, nous avions un groupe francophone avec une jeune femme installée dans le Wadi Rum et dont le travail consistait à promener les touristes dans le désert. J’avais l’impression qu’elle se la racontait un peu, comme on dit, mais elle avait l’expérience du pays et disait quelques trucs intéressants de temps en temps. Au bout d’un moment, j’en ai quand même eu marre, car elle parlait assez fort et nous ne voyions toujours aucun plat arriver, que ce soit à notre table ou à celle des autres. De toute façon, nous n’avions pas le choix pour nous sustenter, car il n’y avait pas d’autre établissement, mais le temps semblait de plus en plus long au fur et à mesure que notre estomac réclamait de l’attention. Après une heure d’attente (je vous avais bien dit que le rythme local n’était pas le même), nous avons reçu de la purée de pois chiches. J’avoue que ce n’est pas mon plat préféré, mais j’avais faim ! Un peu plus tard, les poulets sont arrivés et nous avons (enfin !) pu rempli notre estomac, qui ne demandait pas mieux.