Nous nous sommes installés au café surplombant le site d’Um Quais pour gouter un thé à la menthe et surtout profiter de la vue. Ce moment était tout simplement parfait : il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid ; le décor était grandiose et paisible ; le temps semblait s’être arrêté. Sauf qu’il était déjà 18 heures, que le soleil se couchait une heure plus tard et qu’il nous restait beaucoup de route à faire pour rejoindre l’hôtel au bord de la Mer Morte.
Du coup, nous avons repris la route. Vous vous souvenez : quelques kilomètres avant Um Quais, nous avons traversé un check-point, car le site était proche de la frontière israélienne. Or pour rejoindre la Mer Morte à partir d’Um Quais, le plus pratique est de longer le Jourdain (qui constitue la frontière avec Israël) et comme nous sommes joueurs, nous n’avons pas hésité à emprunter cette route. En plus, c’était assez simple : le trajet consistait à aller toujours tout droit.
Nous roulions depuis 5 minutes, lorsque nous avons aperçu un deuxième check-point. J’avoue que j’étais à nouveau très tendue, même si le militaire était visiblement accueillant. Il nous a demandé nos passeports, puis nous a souhaité la bienvenue. Nous sommes ensuite descendus en bas de la colline pour nous approcher du Jourdain. Le cours d’eau en lui-même n’est pas très impressionnant. Ce qui frappe, c’est plutôt le grillage avec les barbelés juste à côté. 5 kilomètres plus tard, nous avons traversé un autre check-point. Cette fois-ci, après la désormais traditionnelle vérification des passeports, le militaire nous a demandé d’ouvrir le coffre, puis une des deux valises. Nous avons encore croisé 3 check-points le long du Jourdain. Ca finissait par devenir rassurant parce que ça voulait dire que nous étions toujours sur la bonne route.
Les choses se sont un peu compliquées dans un village. Visiblement, plus aucune route n’allait tout droit. Nous avons suivi une première route, puis avons rebroussé chemin pour aller dans la direction opposée. Nous avons fini par nous retrouver en face d’un poste militaire qui n’était plus un check point, mais un poste de contrôle avant la frontière israélienne. Comme nous nous en doutions, les militaires nous ont indiqué que nous faisions fausse route et nous sommes revenus au point de départ. Là, nous avons eu l’idée de demander notre chemin aux gens du village. Au bout de quelques secondes, il y avait déjà 30 personnes autour de la voiture et nous avions du mal à nous faire comprendre. Ils voyaient bien que nous cherchions notre chemin mais nous n’arrivions pas à communiquer avec eux sur la destination. Je répétais " Dead Sea ", mais ça n’avait pas l’air de leur parler. J’ai ensuite essayé avec " Suweimah " (ville où se trouvait l’hôtel) et je me demandais comment ça pouvait bien se prononcer en arabe. J’ai fait plusieurs tentatives sans grand succès. De leur côté, les locaux lançait des mots que je ne reconnaissais pas. L’affaire semblait mal embarquée quand un homme âgé s’est approché de la voiture et a dit cette phrase qui m’a redonné espoir : " Sprechen Sie Deutsch ? " C’est avec un grand soulagement que j’ai pu lui répondre positivement et j’ai ensuite ajouté avec joie " Totes Meer ! ". Il nous a alors indiqué le chemin et nous avons pu reprendre la bonne route. Je ne pensais pas que l’allemand me serait aussi utile en Jordanie (et ce n’était pas la dernière fois !).
La suite du trajet s’est passée tranquillement. La nuit est tombée, ce qui réduisait le confort, surtout que les Jordaniens ont la fâcheuse manie de mettre des dos d’âne à l’entrée des villes. Je pense que j’ai un peu usé les amortisseurs en arrivant à grande vitesse sur certains d’entre eux. Finalement, nous avons atteint la Mer Morte, après avoir franchi un dernier check point (le 8ème de la journée), où nous n’avons même pas eu à montrer nos passeports. Nous avons été soulagés d’arriver, car il était déjà 20h30. Nous étions fatigués après 5h30 de route dans la journée mais tellement contents d’avoir vu Um Quais !