La circulation au Caire a été un grand moment d’émotion, que ce soit en véhicule ou à pied.
En arrivant enEgypte, nous avons pris un taxi pour rejoindre l’hôtel et le chauffeur avait une conduite particulièrement sportive. Il changeait de file dès le que le moindre interstice se créait (ce qui arrivait à peu près toutes les 30 secondes) et il n’hésitait pas à frôler les autres véhicules pour prendre la place qu’il convoitait. En regardant autour, je me suis rendue compte que tous les chauffeurs avaient à peu près tous la même technique, ce qui ne m’a pas vraiment rassurée. Finalement, nous avons atteint la ville. La circulation devenait de plus en plus dense, mais les voitures roulaient toujours aussi vite. En plus, les feux rouges étaient uniquement décoratifs. Les chauffeurs se contentaient de ralentir (très légèrement) en franchissant le feu rouge si par hasard un véhicule avait la mauvaise idée de passer dans l’autre sens en même temps. Après quelques feux grillés, le chauffeur s’est arrêté brutalement à un feu rouge. Ca m’a étonnée, mais j’ai compris sa réaction lorsque j’ai vu la voiture de police garée au carrefour. Finalement, nous avons atteint l’hôtel sains et saufs (je n’en reviens toujours pas).
Là, les choses ont commencé à se compliquer, car nous avons endossé la dure condition de piéton au Caire. Pour nous promener dans la ville, nous avons décidé de faire un bout de chemin à pied et de temps en temps, il fallait bien traverser la rue. Comment fait-on alors pour traverser si les voitures ne s’arrêtent pas au feu? Quand on est peu intrépide, on peut se trouver sur un itinéraire pour touristes et une précieuse voiture de police se trouve sur le chemin. Si l’on sort des sentiers battus, la voiture de police peut vite faire défaut. Quand on a un peu de chance, il y a un passage souterrain, qui permet d’éviter tout stress. Dans le cas contraire, quand tous les filons sont épuisés, il faut soit renoncer, soit s’armer pour affronter la circulation. Courageux mais pas téméraires, notre tactique a consisté à observer d’abord les piétons autochtones. Ils avaient l’air serin, mais aussi particulièrement alertes. Comme il y avait beaucoup de véhicules à vive allure, ils traversaient par étapes. Ils faisaient des haltes entre les voies en attendant de pouvoir progresser davantage. Les voitures les frôlaient à quelques mètres, mais ça n’avait pas l’air de les troubler plus que ça. N’écoutant que notre volonté, nous nous sommes finalement décidés à traverser à notre tour et ça a marché. Je n’étais pas fière lorsque je me suis retrouvée au milieu de la chaussée et entourée de bolides, mais finalement ils m’ont tous évitée et j’ai regagné l’autre rive !
Au Caire, nous avons également tenté une expérience très aventureuse : une traversée en bus en pleine heure d’affluence. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais ce fut un grand moment d’émotion pour moi. Nous avions visité le site de Gizeh avec son Sphinx et ses pyramides et j’avais repéré qu’un bus partait de là pour atteindre une grande place pas très loin de l’hôtel. Nous aurions pu bêtement rentrer en taxi et d’ailleurs certains chauffeurs insistaient lourdement pour nous proposer leurs services, mais nous avons préféré tenter un autre moyen de transport. Nous avons trouvé assez finalement l’arrêt et c’était en fait le terminus de la ligne, ce qui s’est avéré être une grande chance, mais je ne le savais pas encore. Nous avons vu un guichet et nous avons interrogé un Monsieur, qui nous a très gentiment répondu quelle était la ligne à emprunter. Après quelques minutes d’attente, le bus est arrivé et nous avons embarqué pour une folle escapade. Je pensais naïvement que le bus aurait par sa taille du mal à adopter la conduite des chauffeurs de taxis, mais pas du tout. Il changeait régulièrement de file pour gagner quelques mètres. Là où ça se corse, c’est que dans un bus, les gens montent et descendent à intervalles réguliers. D’ailleurs, nous n’avons jamais vu sur le trajet un quelconque signe matérialisant un arrêt comme un panneau ou quelque chose dans le genre. Les gens savaient visiblement où attendre et le chauffeur leur ouvrait la porte. D’ailleurs, lorsque le bus était sur la deuxiéme voie, il ne s’embêtait pas à changer de file. Les gens qui voulaient monter traversaient pour atteindre la bonne file. D’autres même anticipaient l’arrivée du bus et se plaçaient au bon endroit au milieu des voitures pour pouvoir monter. Là, le chauffeur repartait à vive allure tandis qu’il encaissait l’argent. Pour descendre, rien de plus simple : il suffisait de rejoindre l’avant du bus (en imaginant la vitesse du bus et ses virages pour changer de voie), ce que nous avons fait et nous avons même réussi à descendre au bon arrêt. C’était vraiment un trajet formidable au milieu des Egyptiens !